mardi 10 février 2009

L'agriculture doit changer pour nourrir le monde

4 février 2009, New Delhi/Rome -
Les agriculteurs du monde doivent se convertir sans tarder à des systèmes agricoles plus durables et plus productifs si l'on veut nourrir la population croissante de la planète et relever le défi du changement climatique, selon M. Shivaji Pandey, un des meilleurs experts de la FAO en matière de cultures, qui s'adressait aux participants du IVème Congrès mondial sur l'agriculture de conservation (New Delhi, 4-7 février 2009).Dans une allocution liminaire prononcée devant 1 000 personnes, M. Pandey, Directeur de la Division de la production végétale et de la protection des plantes de la FAO, considère l'agriculture de conservation comme un pilier de ce changement."Le monde n'a d'autre choix que d'intensifier la production agricole durable afin de satisfaire la demande croissante d'aliments pour les hommes et les animaux, réduire la pauvreté et protéger les ressources naturelles. L'agriculture de conservation est un volet essentiel de cette intensification", souligne M. Pandey.L'agriculture de conservation vise des systèmes agricoles durables et rentables. Répudiant les opérations comme le labour mécanique, elle repose sur trois principes fondamentaux: le travail minimal du sol, les associations et les rotations culturales et la couverture permanente du sol. Cela permet d'optimiser la santé et la productivité des terres. Introduite il y a 25 ans environ, elle est désormais pratiquée sur 100 millions d'hectares dans le monde entier.
Dommages à l'environnement
Les méthodes traditionnelles de culture intensive ont, dans de nombreux cas, contribué aux dommages occasionnés à l'environnement, faisant reculer les taux de productivité agricole, alors que le monde a besoin de doubler sa production vivrière pour nourrir 9 milliards d'êtres humains en 2050, affirme M. Pandey."Dans maintes régions du monde, au nom de l'intensification, les agriculteurs ont pratiqué à outrance le labour, la fertilisation, l'irrigation et l'application de pesticides", rappelle-t-il. "Ce faisant, nous avons perturbé tous les aspects du sol, de l'eau, des terres, de la biodiversité et des services que fournit un écosystème en bonne santé. Cela a eu pour conséquence la réduction progressive du taux de croissance des rendements."Si les tendances actuelles se poursuivent, le taux de croissance de la productivité agricole devrait tomber à 1,5% d'ici à 2030, puis à 0,9% de 2030 à 2050, contre une croissance de 2,3% par an enregistrée depuis 1961.Dans les pays en développement, la croissance des rendements de blé a chuté d'environ 5% en 1980 à 2% en 2005. Pour le riz, elle est passée de 3,2% à 1,2% pour le riz, et de 3,1% à 1% pour le maïs au cours de la même période.
Réduire l'empreinte écologique
L'agriculture de conservation pourrait non seulement aider à relever les rendements mais aussi à fournir divers avantages importants pour l'environnement, poursuit M. Pandey. Outre le rétablissement de la santé des sols, elle abaisse également la consommation énergétique dans l'agriculture, réduisant l'empreinte d'un secteur qui représente actuellement quelque 30 pour cent des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Elle pourrait atténuer davantage les effets du changement climatique en aidant à piéger le carbone dans le sol et économiser 1 200 km³ d'eau par an d'ici à 2030, car des sols sains préservent mieux l'humidité et ont par conséquent moins besoin d'irrigation.Ce n'est qu'avec l'intensification durable de la production agricole que l'on peut accomplir de véritables progrès vers la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement concernant la réduction de la faim et de la pauvreté et la sauvegarde de l'environnement, affirme l'expert de la FAO. Et d'ajouter: "Or, nous allons actuellement dans la mauvaise direction."Il a exhorté les gouvernements, les bailleurs de fonds et autres parties prenantes à fournir un soutien stratégique et financier pour garantir une adoption rapide et à plus vaste échelle de l'agriculture de conservation. Il faut accélérer la formation, la recherche participative et le renforcement des associations d'agriculteurs tout en diffusant le nouveau matériel nécessaire à l'agriculture de conservation et, au besoin, en le fabriquant sur place.Les délégués réunis au Congrès, qui constitue le plus grand rassemblement de la communauté favorable à l'agriculture de conservation, sont des agriculteurs, des experts ou des décideurs en provenance du monde entier.La conférence, hébergée par le Conseil indien de la recherche agricole (ICAR) et l'Académie nationale des sciences agricoles (NAAS), a bénéficié du co-parrainage de la FAO, du FIDA et d'autres organisations indiennes et internationales. Elle est axée sur les innovations en agriculture susceptibles d'améliorer l'efficience, favoriser l'équité et protéger l'environnement.
Source : FAO

mardi 3 février 2009

SEDDOUK : Le bovin à l’honneur


La journée d'information organisée le dimanche 25/01/2009 sous le thème: «Performances bovines dans la wilaya de Béjaïa», par la direction des services agricoles et animée par le docteur Iguerouada Mokrane enseignant, chercheur à l'université de Béjaïa, a tenu toutes ses promesses tant elle a attiré beaucoup de professionnels de la filière lait. En effet, des éleveurs jeunes en particulier, des transformateurs, des techniciens vétérinaires ainsi que d'autres se sont donnés rendez-vous à la salle des fêtes de la municipalité de Seddouk, pleine à craquer. D'emblée, le docteur Iguerouada a attaqué le volet insémination qui est, selon lui, loin d'être maîtrisé par les éleveurs alors qu'il est un facteur majeur de développement de la production de lait. Pour cela, il a développé, tout au long de son intervention, les nouvelles techniques et méthodes à utiliser pour éviter les ratages de grossesse qui sont source de retard. Berkani Moussa, Master II en production animale, a axé son intervention sur l'alimentation qui est, pour lui le 1er facteur limitant. Expliquant qu'il ne sert à rien de donner beaucoup d'aliments à une vache, ce qui est une perte inutile mais de rationner par un équilibre alimentaire, c'est-à-dire donner juste ce dont elle a besoin comme nutrition. Cela engendre une baisse des charges et une amélioration de la production et de la productivité. Il dira même qu'il n'y aura aucune raison de ne pas atteindre les 40 litres/jour par vache au lieu des 10 à 15 litres maximum actuellement si on appliquait de nouvelles techniques d'alimentation. Aït Idir, subdivisionnaire agricole, n'a pas manqué de mettre en relief les aides de l'État à cette filière par des soutiens financiers aux éleveurs, aux collecteurs et aux transformateurs. Il a même exhorté les jeunes à investir dans ce créneau porteur qu'est la filière lait en les informant que ses services leur assureront des formations avec une prise en charge totale dans des instituts spécialisés. Passant aux chiffres, il dira que la production de lait est au deuxième rang derrière l'olivier dans la wilaya de Béjaïa qui compte environ 11.200 vaches laitières produisant 25 millions de litres annuellement. Notre objectif à travers cette journée de sensibilisation serait d'arriver à produire, d'ici 2014, environ 42 millions de litres par an. Le vétérinaire de la daïra, en l'occurrence Loucheni mettant en exergue son expérience sur le terrain a rappelé que l'élevage de bovins est une profession noble qui est devenue, aujourd'hui, un métier témoignant que des éleveurs, qui ont démarré avec 1à 2 vaches leur donnant juste de quoi arrondir les fins de mois, se retrouvent au bout de quelques années avec des cheptels qui leur procurent une aisance financière. Nos jeunes dont la plupart sont instruits, n'auront aucun mal à créer leurs propres entreprises. A leur volonté l'État leur ajoutera les moyens financiers pour l'acquisition du cheptel et du matériel, et l'université leur apportera les méthodes scientifiques et techniques d'actualité. Le représentant de l'usine Danone à Taharacht fera remarquer que leur usine qui utilise du lait frais pour beaucoup de produits ne peut se développer sans une importante production dans la région. Avant la clôture de cette journée d'information, beaucoup d'éleveurs profitant de cette aubaine d'avoir en face des hommes prêts à les aider chacun dans son domaine, ont nourri de questions les conférenciers qui ne sont pas restés sans répondre. La région de Seddouk, à vocation agricole par excellence, a abrité en trois mois la foire de la figue à Beni Maouche, la fête de l'olive et la journée d'information sur la filière lait au chef-lieu. Qui dit mieux ?
L. Beddar